En tant que prise en charge de la vie, nous devons d'abord adopter une vision correcte de la vie et de la mort. Les trois caractéristiques du bouddhisme, à savoir « tout est impermanent, tout est sans soi, le nirvana est paisible », nous enseignent que tout dans ce monde est en constante transformation : la lune croît et décroît, les saisons se succèdent sans interruption. La vie est de même : dès la naissance, quelle que soit la durée de vie, chaque instant nous rapproche de la mort. La mort est inévitable, elle est aussi imprévisible, elle peut survenir à tout moment. Ce qui compte, c'est la manière dont on meurt. Cela nécessite de construire un accumulé positif de vie. Comme pour vivre bien, il faut des causes et des conditions appropriées. Pour espérer une bonne santé, il faut apprendre les méthodes de préservation de la vie, en combinant activité et repos ; pour espérer une santé mentale, il faut surmonter les émotions négatives et développer des qualités positives ; pour espérer une harmonie interpersonnelle, il faut comprendre, accepter et traiter les autres avec bienveillance ; pour espérer de grandes bénédictions, il faut faire beaucoup de bonnes actions et avoir de la compassion envers tous les êtres. La vie est un accumulé sans fin, comme une rivière qui s'étend de l'infini passé à l'infini futur. La mort n'est qu'une transition, pas une disparition totale. Si l'on accumule positivement aujourd'hui, la vie pourra continuer à s'améliorer, offrant ainsi un avenir merveilleux. Comme changer de lieu de vie pour un endroit meilleur, pourquoi s'attacher, pourquoi craindre ? Ensuite, il faut comprendre la signification de la mort pour la vie. Socrate disait : « La philosophie, c'est s'exercer à la mort. » Lui-même était un véritable exemple de cette idée. Lorsqu'il fut condamné, il refusa de s'enfuir et but tranquillement la ciguë. Il avait une vision claire de la vie et de la mort, et avait atteint un haut degré de maturité intérieure, lui permettant de faire face à la mort avec sérénité. La pensée humaniste occidentale considère que l'être humain est l'essence de l'univers, le sommet de la création. Obtenir la vie est une occasion extrêmement précieuse. Comment la vivre pleinement ? Le philosophe existentialiste Heidegger a proposé le concept de « vivre en sachant qu'on va mourir ». En prenant conscience de la finitude de la vie, on comprend qu'il ne faut pas vivre dans l'indifférence et le chaos. D'un point de vue bouddhiste, il s'agit de reconnaître la valeur précieuse, rare et significative de l'existence humaine. Obtenir une vie humaine, surtout une vie où l'on dispose de la capacité et du temps pour étudier le bouddhisme, est une opportunité exceptionnelle. Dans les six voies, le monde humain est une étape intermédiaire. L'homme possède la raison, capable de décider de ses actes corporels, verbaux et mentaux. En utilisant judicieusement la raison, on peut rechercher la vérité, perfectionner sa morale, servir la société, voire atteindre l'illumination et devenir Bouddha. C'est pourquoi tous les Bouddhas et les Saints sont nés parmi les humains. Mais en utilisant mal la raison, on ne crée que des souffrances infinies, entraînant la chute de sa propre vie, et causant de grands dégâts aux autres et au monde. En résumé, la mort nous fait prendre conscience de la brièveté de cette vie, nous incitant ainsi à saisir cette opportunité rare et éphémère pour réaliser la plus grande valeur de l'existence.