Une enquête récente de la société d'intelligence blockchain TRM Labs a révélé que le groupe houthi au Yémen aurait utilisé plus de 900 millions de dollars en transactions de crypto-monnaies pour contourner les sanctions américaines. Ces fonds, acheminés par le biais de huit adresses blockchain spécifiques, auraient été dirigés vers des entités à haut risque, pouvant financer des acquisitions militaires, y compris des drones et des systèmes anti-drones.


L'analyse montre que ces adresses ont été incluses dans la liste des Nationaux Désignés Spécialement (SDN) du Bureau de Contrôle des Actifs Étrangers (OFAC) du Trésor américain à partir du 2 avril. En suivant les flux sur la chaîne, TRM Labs a retracé un volume significatif de crypto-monnaie se dirigeant vers des associés du financier basé en Iran, Sa’id al-Jamal, et un intermédiaire russe lié à un fabricant de drones chinois.


Cette activité suggère fortement que le groupe exploite des systèmes financiers basés sur la blockchain pour acquérir des technologies de défense. Les capacités améliorées des UAV observées dans l'arsenal houthis correspondent à la période et à l'échelle de ces transactions liées aux crypto-monnaies, soutenant les conclusions de l'entreprise.



🌍 La crypto devient un outil d'évasion des sanctions


Le mouvement houthi, qui gouverne de grandes parties du Yémen depuis 2014, a attiré une attention mondiale croissante pour ses actions en mer Rouge, ciblant spécifiquement les navires commerciaux en réponse au conflit à Gaza. Les États-Unis ont officiellement désigné le groupe comme une Organisation Terroriste Étrangère (FTO), déployant des sanctions et des efforts militaires en réponse.


En réponse apparente aux restrictions sur les canaux bancaires traditionnels, les Houthis se sont tournés vers les actifs numériques comme bouée de sauvetage financière. Cela reflète les stratégies employées par d'autres entités sanctionnées, comme la Corée du Nord, qui a été liée à des cyberattaques sur des plateformes de crypto pour financer des ambitions nucléaires. Des groupes comme le Hamas et le Hezbollah ont également été signalés par l'OFAC pour leur utilisation de monnaies numériques pour transférer de l'argent à travers les frontières.


Ce qui est particulièrement remarquable, c'est l'utilisation par les Houthis du minage de crypto-monnaies—rapporté en cours depuis 2017. En exploitant des services de minage basés sur les navigateurs comme le désormais disparu Coinhive, et en opérant par le biais du FAI national du Yémen, ils ont réussi à construire discrètement un nouveau flux de revenus avec des exigences matérielles minimales.



📈 Adoption croissante des crypto-monnaies en raison des sanctions au Yémen


Fait intéressant, au-delà du contexte d'évasion des sanctions, le Yémen connaît une augmentation plus large de l'utilisation des crypto-monnaies. Avec des systèmes financiers formels sous pression, les citoyens ordinaires se tournent vers les protocoles de finance décentralisée (DeFi) et les réseaux peer-to-peer pour les transactions transfrontalières et le stockage d'actifs. Selon TRM Labs, 63 % de l'activité crypto yéménite se déroule désormais sur des plateformes DeFi, avec seulement 18 % passant par des échanges centralisés.


Cette tendance est alimentée par l'attrait des plateformes sans confiance et sans intermédiaire dans un pays où le système bancaire traditionnel reste largement inaccessible. Bien que le Yémen fasse face à des obstacles significatifs—y compris un accès limité à Internet, un manque de culture crypto et l'absence de directives réglementaires—l'adoption continue de croître de manière organique, motivée par la nécessité.


TRM Labs conclut que l'utilisation duale des crypto-monnaies—à la fois par des acteurs politiquement motivés et par des utilisateurs quotidiens cherchant la stabilité financière—met en évidence le rôle complexe de la technologie blockchain dans les zones de conflit et les régions sous-bancarisées.

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