Affaire Tornado Cash : Roman Storm reconnu coupable, une seule des trois accusations retenue
Après quatre jours de délibération, le jury d'un tribunal fédéral de New York n'a retenu que l'accusation de "exploitation d'une entreprise de transfert d'argent sans licence" contre Roman Storm ;
en ce qui concerne les accusations de blanchiment d'argent et de violation de la Loi sur les pouvoirs économiques d'urgence internationaux (IEEPA), aucun verdict unanime n'a été atteint. Ce jugement du tribunal fédéral de New York a également suscité de vives réactions dans l'industrie des cryptomonnaies.
Le cœur du litige réside dans la question de savoir si Storm, en tant que développeur, doit assumer une responsabilité légale quant à la manière dont Tornado Cash est utilisé. Le ministère public accuse Storm d'avoir pleinement conscience que cet outil était utilisé par des criminels, tels que le groupe de hackers nord-coréen Lazarus Group, pour blanchir plus de 1 milliard de dollars, tout en réalisant des profits de plusieurs millions de dollars.
Il convient de noter que, bien que le ministère public ait demandé l'incarcération immédiate de Storm en raison du risque de fuite, le juge Katherine Polk Failla a finalement approuvé sa libération sous caution, en déclarant que "de nombreuses questions demeurent en suspens" dans cette affaire.
Ce jugement a un impact profond sur la communauté des développeurs d'outils de confidentialité dans les cryptomonnaies. Une semaine auparavant, deux fondateurs du portefeuille Bitcoin Samourai Wallet avaient également reconnu des accusations similaires après avoir conclu un accord avec les autorités.
Les experts juridiques soulignent que le cœur du litige dans de telles affaires est de définir les limites de la responsabilité des développeurs. Des organisations comme Coin Center estiment que le jugement ignore les directives du Bureau de la lutte contre la criminalité financière (FinCEN) selon lesquelles "les développeurs qui ne peuvent pas contrôler les fonds des utilisateurs ne sont pas considérés comme des transferts de fonds".
Les défenseurs de la vie privée expriment des inquiétudes concernant le résultat du jugement. Le DeFi Education Fund a clairement indiqué qu'il continuerait à soutenir l'appel de Storm, tandis que sa responsable juridique, Amanda Tuminelli, a souligné que cette accusation présente "des défauts fondamentaux". L'ancien président de la SEC et actuel procureur général par intérim des États-Unis, Jay Clayton, a salué cette condamnation comme une victoire importante dans la lutte contre les crimes utilisant de nouvelles technologies.
En somme, alors que la date de la sentence n'est pas encore fixée et que le ministère public pourrait relancer des poursuites concernant les accusations en suspens, l'issue finale de cette affaire demeure incertaine.
Cependant, il est certain que ce procès a de nouveau tiré la sonnette d'alarme sur le développement et l'utilisation des outils de confidentialité dans les cryptomonnaies, et ses répercussions pourraient redéfinir les normes de conformité et la direction du développement de l'ensemble de l'industrie.

