Les marchés financiers mondiaux sont secoués par un coup de poing donné par Washington : la menace d'une guerre commerciale qui s'intensifie avec la Chine et les manœuvres politiques autour du prochain président de la Réserve fédérale. Cette combinaison d'incertitudes fiscales et monétaires alimente une volatilité significative, comme en témoigne une forte chute du marché suite à l'annonce commerciale.
Le choc immédiat du marché : Tarifs et effondrement du marché
Le président Donald Trump a annoncé le calcul d'une "augmentation massive des tarifs sur les produits chinois entrant aux États-Unis d'Amérique". Cette position agressive est en réponse directe à ce que l'administration appelle un "acte sinistre et hostile" de la part de la Chine pour imposer des contrôles à l'exportation sur les terres rares. Les terres rares sont essentielles pour les industries de haute technologie et de défense américaines.
La réaction du marché a été rapide et spectaculaire. La nouvelle de la menace de tarif a fait perdre 700 milliards de dollars de valeur marchande au S&P 500 en seulement trois minutes, illustrant la sensibilité aiguë des investisseurs à un conflit commercial renouvelé.
La chute immédiate a été menée par les actions technologiques et celles liées à la Chine, car une guerre commerciale qui s'intensifie implique :
* Inflation plus élevée : Les tarifs sont essentiellement une taxe sur les importations, un coût largement répercuté sur les consommateurs américains. Les analystes estiment que les tarifs précédents ont entraîné un coût annuel d'environ 1 277 $ par ménage américain.
* Disruption de la chaîne d'approvisionnement : Les fabricants, en particulier ceux qui dépendent de composants de terres rares pour tout, des électroniques au matériel militaire, font face à des coûts accrus et à des pénuries potentielles.
* Ralentissement économique : L'effet global des tarifs est de réduire le PIB américain et d'augmenter les prix, soulevant le spectre d'un ralentissement mondial.
Le contrepoids monétaire : Une liste restreinte accommodante de la Fed
Dans un développement séparé mais tout aussi conséquent, le président Trump a réduit sa liste restreinte pour le prochain président de la Réserve fédérale à cinq candidats : Bowman, Waller, Hassett, Warsh et Rieder.
Ce processus signale une recherche d'un leader qui s'aligne sur le désir de l'administration pour des taux d'intérêt plus bas. Plusieurs candidats sont considérés comme des "colombes", qui soutiennent ou croient que les conditions justifient des baisses de taux. Par exemple, le gouverneur de la Fed Christopher Waller est apparemment sur la liste restreinte et a souligné que la Fed doit baisser les taux, bien que prudemment.
Les implications clés de la liste restreinte :
* Signal pro-marché : La liste restreinte suggère une forte probabilité que le prochain président de la Fed mette en œuvre des baisses de taux. Cette anticipation d'un crédit moins cher et d'une plus grande liquidité est généralement un facteur positif majeur pour le marché boursier, offrant un coussin contre le frein économique de la guerre commerciale.
* Inflation vs. indépendance : Le principal risque réside dans la combinaison d'une politique monétaire accommodante politiquement souhaitée et des effets inflationnistes de nouveaux tarifs massifs. Si la Fed est perçue comme baissant les taux pour satisfaire une pression politique plutôt que par nécessité économique, cela pourrait gravement nuire à l'indépendance de la banque centrale. Ce manque de crédibilité pourrait effrayer les marchés obligataires, entraînant une hausse des rendements obligataires à long terme malgré des baisses de taux à court terme.
Le tir à la corde : Perspectives
Le marché fait maintenant face à un paradoxe économique classique : la menace récessionniste et inflationniste d'une guerre commerciale étant combattue contre la promesse stimulante d'une Fed accommodante.
La chute immédiate du marché confirme que l'incertitude de la guerre commerciale est actuellement la force dominante. Au cours des prochaines semaines, les investisseurs devront équilibrer la peur de nouveaux tarifs massifs - qui pourraient réduire l'économie américaine et augmenter les prix - contre l'espoir que le nouveau président de la Fed axé sur la croissance puisse compenser ce dommage avec des crédits abondants et bon marché.
