À un certain âge, on finit par ne plus rien prendre au sérieux. Ce que l'on désirait ardemment autrefois, on n'en veut plus maintenant ; les personnes dont on pensait constamment à elles, on peut aussi les laisser aller tranquillement. On n'aime pas l'agitation, on ne veut plus participer à des réunions sans signification, et même nos propres enfants, on ne veut plus s'en occuper dans les moindres détails - ce n'est pas de l'indifférence, mais une soudaineté de compréhension que ce voyage de la vie doit finalement revenir à soi-même.

Ce n'est pas de la négativité, mais une forme de lucidité. Lin Yutang a dit : "Dans la vie, il y a des moments où l'on rit des autres et d'autres où l'on fait rire les autres." Ces gains et pertes qui nous hantent, ces amours et haines gravées dans notre mémoire, dans le cours du temps, finiront par s'estomper.

Quand on est jeune, on croit toujours que le bonheur se trouve loin, dans les regards des autres. Alors on court après la gloire, on cherche à plaire, on prépare le chemin pour ses enfants, on vit selon les attentes des autres. Mais après avoir traversé la moitié de la vie, on comprend que tant de recherches extérieures ne sont que des reflets dans l’eau ou des fleurs dans le miroir. Schopenhauer l’avait déjà vu clairement : « Les deux grands ennemis du bonheur humain sont la souffrance et l’ennui. » Lâcher prise vis-à-vis du monde extérieur, c’est alors pouvoir entendre la voix intérieure.

S’apaiser, c’est faire la paix avec ses désirs.

Zhang Ailing a écrit : « Après la quarantaine, un homme ressent souvent le sentiment de solitude, car dès qu’il ouvre les yeux, il voit autour de lui des personnes qui dépendent de lui, mais aucune personne à qui il puisse se fier. » Ces mots ne contiennent pas seulement de la solitude, mais aussi une prise de conscience du fardeau qu’on porte. Richesse, statut, éclat – nous pensions que tout cela nous rendrait heureux, mais même après les avoir obtenus, nous ressentons toujours un vide intérieur. Il devient alors évident que les désirs sont insatiables ; mieux vaut donc choisir et lâcher prise. Comme Tao Yuanming, qui a renoncé à ses cinq pecks de riz pour rencontrer la montagne du sud ; comme Su Shi, qui a dépassé les honneurs et les humiliations, pour pouvoir chanter : « En manteau de fumée et de pluie, je vais où bon me semble. » La sagesse de l’âge mûr consiste à passer de « vouloir davantage » à « c’est déjà suffisant ».

Lâcher prise, c’est accepter les relations avec sérénité.

La vie est comme un train : des gens montent, d’autres descendent. Ceux que l’on pensait indispensables, les sentiments qu’on ne pouvait pas lâcher, s’estompent progressivement avec le temps, devenant des silhouettes lointaines. La phrase de Xu Zhimo « Si je l’ai obtenu, c’est mon bonheur ; si je l’ai perdu, c’est mon destin » n’est pas seulement une réflexion sur l’amour, mais aussi une conclusion pour toutes les relations. Ne pas s’attacher, ne pas forcer, laisser partir ceux qui doivent partir, laisser venir ceux qui doivent arriver – ce n’est pas de la froideur, c’est comprendre l’essence des relations, c’est s’alimenter mutuellement, plutôt que de s’entraîner l’un l’autre.

Être seul, c’est revenir à soi-même.

Quand on est jeune, on a peur de la solitude et on cherche toujours à s’abriter dans la foule. À l’âge mûr, on apprécie au contraire la solitude – ce n’est pas de l’isolement, c’est enfin pouvoir vivre en paix avec soi-même. Zhou Guoping dit : « La solitude est le destin de l’être humain. L’amour et l’amitié ne peuvent pas l’éradiquer, mais peuvent la soulager. » Dans les moments qui nous appartiennent, nous n’avons pas besoin de jouer un rôle, il suffit de lire, d’écouter le vent, de réfléchir, ou simplement de ne rien faire. C’est précisément dans ce silence que nous retrouvons notre véritable moi.

C’est laisser aller la sagesse face aux enfants.

Dire « je ne veux même plus m’occuper de mes propres enfants » peut sembler cruel, mais derrière ces mots se cache une lucidité profonde. Gibran a déjà averti les parents : « Vos enfants ne sont pas vos enfants… Bien qu’ils vivent avec vous, ils ne vous appartiennent pas. » L’amour ne consiste pas à les tenir toute la vie, mais à les lâcher au bon moment. Laisser les enfants affronter les tempêtes, emprunter leur propre chemin : le retrait des parents n’est pas de la froideur, c’est une forme de réussite – à la fois en rendant leurs enfants indépendants, et en libérant eux-mêmes leurs angoisses.

Arrivé à mi-parcours de la vie, s’apaiser, lâcher prise, être seul, lâcher l’attachement – ce ne sont pas des retraits, mais une forme d’audace. Madame Yang Jiang l’a bien exprimé : « Nous avons tant désiré des vagues dans notre destin, mais à la fin, nous avons compris que le plus beau paysage de la vie réside dans la sérénité et la maîtrise intérieures. » Le monde est à soi, et n’a rien à voir avec les autres. Dans la seconde moitié de la vie, il n’est plus nécessaire de forcer sa nature pour plaire aux autres, ni de s’épuiser à poursuivre des illusions.

Ralentir, c’est entendre la poésie du matin et du vent du soir, c’est comprendre la chaleur dans une tasse de thé et un repas simple. Le sens de vivre ne réside plus dans ce que l’on possède, mais dans l’expérience profonde et authentique de chaque instant. La vie est comme le thé : la simplicité est sa nature, l’amertume en est le chemin, et le goût doux en est la sagesse.

Puissions-nous tous, au milieu du temps qui passe, nous défaire de l’ornement, creuser en nous-mêmes, vivre avec lucidité et sérénité, librement et pleinement. Comme le dit Tagore : « Vivre comme une fleur d’été éclatante, mourir comme une feuille d’automne paisible. » Vivre intensément la première partie de la vie, se fondre en silence dans la seconde – la véritable lucidité commence par « s’apaiser face à tout », et vivre véritablement pour soi-même.

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