À mesure que les protocoles mûrissent, la gouvernance évolue de votes basés sur les jetons vers des systèmes de coordination à long terme.
La gouvernance dans le DéFi a souvent été performatrice. Les jetons sont distribués, les votes sont exprimés et les résultats changent peu. Le protocole Lorenzo traite la gouvernance différemment en l'intégrant directement à l'architecture économique du protocole grâce à BANK et veBANK. Ce n'est pas de la gouvernance comme spectacle, mais de la gouvernance comme infrastructure.
Le modèle d'escrow de vote redéfinit les incitations à un niveau fondamental. En obligeant les détenteurs de BANK à bloquer leurs jetons pour obtenir veBANK, Lorenzo aligne l'influence sur l'engagement. Ceux qui croient à l'avenir du protocole obtiennent une voix plus forte, tandis que les participants à court terme s'éloignent naturellement du pouvoir décisionnel. Cela crée un environnement de gouvernance qui privilégie la continuité plutôt que la volatilité.
Ce qui est fascinant, c'est la manière dont ce modèle s'intègre à la conception globale du protocole. La gouvernance n'est pas isolée de la gestion des actifs, elle l'influence. Les décisions concernant la stratégie d'inclusion, les paramètres des coffres-forts et l'allocation des incitations affectent directement les flux de capitaux. Les détenteurs de veBANK ne sont pas de simples électeurs abstraits, ils sont des gardiens d'un système financier vivant.
Cette approche permet également de réduire l'un des problèmes persistants du DeFi : la capture de la gouvernance. Lorsque l'influence est peu coûteuse et liquide, elle peut être exploitée. La gouvernance verrouillée dans le temps introduit une friction, et en finance, la friction équivaut souvent à la sécurité. Elle ralentit les prises de contrôle hostiles et encourage la réflexion, des qualités souvent absentes dans les décisions décentralisées.
L'existence de produits structurés comme les OTF renforce encore davantage l'importance de la gouvernance. Ce ne sont pas des pools expérimentaux, ce sont des représentations de philosophies d'investissement. Leur ajustement nécessite une nuance, et le cadre de gouvernance de Lorenzo est conçu pour soutenir cette nuance plutôt que de la réduire à des concours de popularité.
L'utilité de BANK va au-delà du vote. Elle agit comme un signal d'alignement, une manière pour les participants d'exprimer leur conviction quant à la direction du protocole. Les programmes d'incitations liés à BANK renforcent les comportements bénéfiques pour l'ensemble du système, créant ainsi une boucle de rétroaction entre gouvernance et croissance.
Au fil du temps, ce modèle pourrait servir de point de référence pour d'autres protocoles confrontés aux limites de la gouvernance basée sur les jetons. Lorenzo suggère que la coordination efficace dépend moins du volume de participation que de la qualité de celle-ci.
Dans un écosystème encore à la recherche de modèles de gouvernance durables, veBANK se distingue non pas comme une expérience radicale, mais comme une synthèse réfléchie de la théorie économique et de la nécessité pratique.

