En plein chaos politique au Venezuela, trois portefeuilles surgissent de nulle part pour empocher une véritable fortune en crypto. Le secteur enquête : coïncidence ou coup monté ?
Polymarket fait des riches
Un pari crypto hors norme agite la toile depuis hier. Trois portefeuilles inconnus ont empoché ensemble plus de 630 000 $ sur Polymarket, quelques heures après l’annonce de la capture de Nicolás Maduro. Un timing si précis qu’il a aussitôt soulevé des soupçons d’opérations fondées sur des informations confidentielles.
Les données de la blockchain révèlent que ces portefeuilles avaient été créés et approvisionnés plusieurs jours plus tôt, mais n’ont réellement bougé qu’à la veille de l’intervention militaire américaine au Venezuela.
Le premier, 0x31a5, signe le plus gros gain : environ 410 000 $ pour un investissement initial de 34 000. Le second transforme 6 000 $ en 75 000, tandis que SBet365 rafle 145 600 $ après en avoir misé 25 000. Tous les fonds ont été retirés dès la résolution du marché, renforçant les soupçons de coordination.
Selon Lookonchain, ces comportements atypiques montrent des transferts synchronisés entre les différents comptes crypto. Plus troublant encore, les trois portefeuilles n’auraient parié que sur des marchés liés au Venezuela, dérogeant aux habitudes des traders qui se diversifient normalement entre différents événements mondiaux.
Dans la sphère crypto, certaines analyses vont plus loin. Certains membres de la communauté suggèrent qu’un des comptes Polymarket pourrait être relié à un portefeuille identifié sur Coinbase sous un nom ENS ressemblant à “StevenCharles”. Cette piste intrigue, car elle pointerait vers un possible lien avec Steven Charles Witkoff, cofondateur de World Liberty Financial (WLFI). Bien qu’aucune preuve formelle ne confirme l’hypothèse, la coïncidence attire l’attention alors que le token WLFI a bondi de 11 % après la capture de Maduro.
Pour d’autres, Baron Trump et la famille du président seraient sur le coup, comme ils l’ont déjà été sur divers projets crypto. C’est, en tous cas, loin d’être la première fois que Polymarket est le théâtre d’un possible délit d’initié.
À Washington, l’affaire fait déjà réagir. Le représentant démocrate Ritchie Torres a annoncé vouloir proposer une loi pour interdire tout pari des fonctionnaires fédéraux sur des événements qu’ils pourraient influencer, notamment sur les plateformes prédictives décentralisées. L’affaire met ainsi en lumière le flou juridique entourant ce marché naissant, où la frontière entre spéculation légitime et délit d’initié crypto reste encore difficile à tracer.
La morale de l’histoire : l’argent n’a pas d’odeur, sauf quand il sort d’un wallet crypto fraîchement créé.

