En renversant Maduro, les États-Unis n’ont pas seulement bouleversé la géopolitique du pétrole : ils pourraient aussi redessiner l’équilibre monétaire mondial. La crypto a déjà connu ses premières conséquences avec le scandale de Polymarket, mais le plus gros de l’impact reste à venir, avec trois scénarios possibles.

1. La crypto devient un refuge

Contrairement aux précédentes tensions géopolitiques qui faisaient grimper les cours de l’énergie, la capture de Maduro entraîne une baisse du baril. Les marchés anticipent une future relance de la production, les États-Unis annonçant vouloir exploiter les gigantesques réserves du Venezuela, qui représentent près de 20 % des réserves mondiales de pétrole. Donald Trump a d’ailleurs confirmé des investissements « massifs » d’entreprises américaines pour moderniser les infrastructures pétrolières.

Cette perspective d’abondance alimente la chute des prix à court terme. Cependant, dans le même temps, les capitaux fuient vers des actifs alternatifs comme l’or ou le Bitcoin. Dans un contexte d’incertitudes politiques et de méfiance envers le dollar, Bitcoin retrouve son statut d’actif non souverain, résistant à la saisie et perçu comme refuge en période de crise.

2. L’usage local des jetons change

Depuis les sanctions américaines de 2019, interdisant toute transaction en dollars avec PDVSA ou la Banque centrale du Venezuela, Caracas a misé sur les cryptomonnaies pour continuer à exporter son pétrole. Le gouvernement aurait mis en place un système parallèle fondé sur l’USDT de Tether, contournant ainsi le réseau bancaire international.

Une véritable « flotte fantôme » transporte le brut vers la Chine : balises désactivées, transferts en mer, faux certificats d’origine… Les transactions s’effectuent souvent en crypto avant la livraison, réduisant la traçabilité et évitant les gels de fonds. Si les volumes restent modestes avec environ 119 millions de dollars injectés dans l’économie en juillet 2024 , ils témoignent d’une mutation profonde du commerce pétrolier sous sanctions.

Pour la suite, deux scénarios sont possibles : si la situation perdure, l’usage du BTC et surtout des stablecoins resterait central pour les élites et une partie de la population vénézuélienne, à la fois comme protection contre le bolivar et comme rail de paiement hors système bancaire classique. En cas de rupture, l’usage interne des stablecoins persisterait plutôt comme épargne dollarisée et outil de paiement, mais deviendrait moins central pour le commerce pétrolier officiel, qui repasserait par les banques et les contrats formels.

L’arrestation de Maduro aurait également mis au jour une réserve colossale de 600 000 à 660 000 BTC, accumulés depuis 2018 par le régime grâce à des ventes de pétrole en USDT et des conversions d’or. À 60 milliards de dollars environ, ce trésor virtuel ferait du Venezuela l’un des plus grands détenteurs de Bitcoin au monde.

Washington confirme déjà vouloir les saisir et suscite des spéculations : intégration à un fonds souverain, gel des actifs ou revente progressive sur les marchés. Une telle opération pourrait gripper la liquidité mondiale du Bitcoin, voire provoquer une envolée des prix si les investisseurs perçoivent cette saisie comme un choc d’offre.

À l’inverse, une liquidation, bien que peu probable pour l’instant, pourrait plomber la petite pièce orange. L’hypothèse reste toutefois plausible alors que l’on apprend que des jetons de la réserve Bitcoin américaine auraient été vendus, alors même que Donald Trump l’avait interdit… du moins sur le papier.

La morale de l’histoire : quand le pétrole s’effondre, c’est la crypto qui raffine les profits.