À mesure que l’Iran s’enflamme, la blockchain observe et spécule comme sur le Groenland, tandis que Bitcoin risque de faire les frais de l’événement.
L’Iran, nouveau favori de Polymarket
La situation politique explosive en Iran secoue jusqu’aux marchés numériques. La capture du président vénézuélien Nicolás Maduro par l’armée américaine a résonné comme un coup de tonnerre à Téhéran, où les dirigeants craignent une déstabilisation similaire. Sur Polymarket, la probabilité d’une destitution du guide suprême Ali Khamenei d’ici la fin de 2026 atteint désormais 56 %, un chiffre révélateur de l’inquiétude des investisseurs et des spéculateurs face à une éventuelle révolution iranienne.
Les liens étroits entre l’Iran et le Venezuela, notamment dans le domaine énergétique, amplifient cette défiance. Alors que les manifestations contre l’effondrement du rial s’étendent à 88 villes et 27 provinces, les marchés réagissent bien au-delà des frontières iraniennes.
L’instabilité politique, les menaces de sanctions accrues et les craintes d’un isolement économique renforcé nourrissent une spéculation intense sur les valeurs refuge numériques. Bitcoin et d’autres cryptomonnaies voient ainsi leurs volumes d’échange grimper, certains acteurs percevant la crise comme un catalyseur de demande face à la chute du rial et à la répression bancaire.
Dans ce contexte, la dynamique du marché des crypto-actifs ne se limite plus à la simple offre et demande : elle dépend désormais des équilibres géopolitiques. Donald Trump a averti l’Iran d’une riposte sévère en cas de répression sanglante, tandis que Benjamin Netanyahou affiche ouvertement son soutien aux manifestants. Ces signaux politiques renforcent la perception d’un encerclement américain et d’une pression internationale croissante.
Sur le plan technique, la révolte iranienne met aussi en lumière les tensions entre infrastructure numérique et finance décentralisée. Les coupures massives d’internet destinées à freiner la contestation n’affectent que marginalement le réseau Bitcoin, mais elles rappellent la dépendance de l’écosystème crypto à la stabilité énergétique.
Jadis acteur majeur du minage Bitcoin grâce à son électricité subventionnée, l’Iran ne pèse plus que pour environ 5% du hashrate mondial. Les sanctions et la surveillance accrue ont fait basculer une large partie du secteur dans l’ombre, rendant l’activité plus discrète mais aussi plus précaire.
Même une interruption totale de la connectivité nationale serait absorbée par le réseau mondial, preuve de la robustesse du système Bitcoin. Le véritable risque ne se situe donc pas dans une coupure technique, mais dans un éventuel rationnement énergétique prolongé ou dans une propagation de l’instabilité à d’autres zones productrices d’énergie.

