En 2025, le prix de l'or a grimpé de plus de 60 %, dépassant la barre des 5000 dollars/once, devenant l'un des actifs les plus éclatants des marchés financiers mondiaux. Cette hausse découle non seulement de l'incertitude géopolitique, de la pression inflationniste et de l'accumulation continue des banques centrales, mais reflète aussi les transformations potentielles du système monétaire international. (À la date d'hier, il a dépassé 5100 dollars/once)


En tant que personne ordinaire, pourquoi détenir de l'or ?

Tout d'abord, l'or est un actif refuge classique. En période d'incertitude économique, de conflits géopolitiques ou de turbulences sur les marchés, les investisseurs se tournent souvent vers l'or pour préserver leur valeur.
Par exemple, en 2025, les tensions commerciales mondiales et les événements géopolitiques ont poussé le prix de l'or à augmenter de plus de 55 %, les banques centrales voyant également l'or comme un outil de diversification des réserves, car il n'a pas de risque de crédit, ne dépend d'aucun émetteur et possède une forte liquidité.

Deuxièmement, l'or est un moyen efficace de lutter contre l'inflation. Historiquement, le prix de l'or est souvent corrélé positivement avec le taux d'inflation, lorsque la monnaie papier se dévalue, l'or peut maintenir le pouvoir d'achat. À long terme, l'or surperforme de nombreux actifs en tant que réserve de valeur, surtout dans un environnement d'inflation élevée.

Troisièmement, l'or offre des avantages de diversification. Il a une faible corrélation avec les actions et les obligations, pouvant fournir un coussin en cas de baisse du marché. De plus, la rareté de l'or et sa valeur historique en font un choix d'investissement à long terme, peu influencé par les politiques d'un seul pays.

Enfin, du point de vue des banques centrales, l'or aide à la gestion des réserves. Une analyse de Reuters montre que les banques centrales achètent de l'or pour diversifier les risques et éviter la dépendance à une seule monnaie.


Qui achète de l'or ?

En 2025, le volume net d'achats d'or par les banques centrales dans le monde est d'environ 772 tonnes, bien qu'il soit inférieur aux niveaux de mille tonnes des années précédentes, il reste néanmoins fort. Les marchés émergents dominent les achats, tandis que les pays développés sont relativement prudents.
Les principaux acheteurs incluent : Pologne, Kazakhstan, Brésil, Chine, Turquie.

Hégémonie du dollar

Depuis la Seconde Guerre mondiale, le dollar a dominé le système financier mondial, établissant son statut 'comme l'or' par l'accord de Bretton Woods. Le dollar représente environ 58 % des réserves mondiales, dominants dans les règlements commerciaux et la tarification des marchandises (comme le pétrole, l'or). Cette hégémonie confère aux États-Unis une influence géopolitique, mais fait également face à des défis. L'or est étroitement lié au dollar : historiquement, il a une corrélation négative, lorsque le dollar se renforce, le prix de l'or a tendance à baisser.
Après la fin de l'étalon-or par Nixon en 1971, le dollar est devenu flottant, mais son hégémonie n'a pas diminué. Ces dernières années, les appels à la dé-dollarisation ont augmenté : la part des réserves en dollars est passée de 71 % en 2000 à 57,8 % au deuxième trimestre 2025. L'or a émergé comme alternative, avec une part des réserves d'or des banques centrales dépassant 25 %, le niveau le plus élevé en 25 ans. Les défis incluent les sanctions (comme celles contre la Russie), l'inflation et les tensions géopolitiques. Les pays BRICS poussent pour un nouvel étalon-or ou une nouvelle monnaie, affaiblissant le dollar.

Cependant, le dollar est difficile à remplacer à court terme : sa liquidité, ses effets de réseau et la puissance économique des États-Unis soutiennent sa position. L'essor de l'or ne met pas fin à l'hégémonie du dollar, mais la complète, marquant une tendance à la multipolarité.

Les ambitions de l'Est

En tant que deuxième plus grande économie mondiale, l'Est pousse une transformation stratégique par ses réserves d'or. En 2025, les réserves officielles d'or de l'Est atteignent 2306 tonnes, représentant environ 6 % des réserves totales, doublant par rapport à il y a quelques années.
Mais les analystes estiment que les réserves réelles pourraient atteindre jusqu'à 30 000 tonnes, grâce à un contrôle des mines et à des accumulations non déclarées.

Le cœur de cette 'ambition' est la dé-dollarisation : réduire la détention de dettes américaines, se tourner vers l'or et l'internationalisation du yuan. L'Est a été rétrogradé de plus grand détenteur de dettes américaines, tout en accélérant les importations d'or. En coopération avec la Russie, il utilise le yuan et l'or pour les règlements, réduisant ainsi la dépendance au dollar.

Les motivations incluent la souveraineté financière : le risque de sanctions incite à la diversification. Dans le cadre des BRICS, la Chine promeut une nouvelle monnaie basée sur l'étalon-or, défiant le dollar. De plus, le contrôle des mines mondiales (or, cuivre, etc.) renforce l'influence sur les ressources. Cela ne constitue pas seulement une stratégie économique, mais implique également des ambitions géopolitiques : élever le statut du yuan, construire un système financier alternatif. La croissance des réserves d'or de la Chine marque sa transition de la dépendance au dollar vers un monde multipolaire.

Quel sera le prix de l'or ?

Les prévisions de prix de l'or pour 2026 sont optimistes, soutenues par la demande des banques centrales, les risques géopolitiques et les politiques de la Réserve fédérale.

JPMorgan : maintient une perspective optimiste, prévoyant un prix moyen de 5 055 dollars au quatrième trimestre 2026, pouvant atteindre 5 400 dollars ou plus à long terme.

Goldman Sachs : a récemment relevé ses prévisions de prix pour fin 2026 à 5 400 dollars (augmentation de 500 dollars par rapport à 4 900 dollars auparavant), soutenue par la demande d'investisseurs privés et des marchés émergents.

Bank of America a récemment relevé son objectif de prix pour l'or à 6000 dollars/once, ce qui en fait la prévision la plus agressive parmi toutes les principales institutions.

L'avenir de l'or dépend des changements mondiaux, mais son statut d'actif stratégique est déjà établi. Les investisseurs devraient s'ajuster en fonction de leur tolérance au risque.